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Mon petit canapé

Mon petit canapé Je suis parti en vacances sur mon canapé. Laissez-moi en érrance la tête reposée. De vous, je ferai abstinence maintenant, je vais procrastiner. Il est recouvert d'un patchwork immense, mon petit canapé. C'est pour moi un monde du silence quand je suis essoré. Il est tactile et intense fabriqué de tissus en files étranges tout emberlificotés. Mon petit canapé m'a mis en transe et so far away je me suis envolé. Je n'avais pour compagnie qu'une télécommande qui vous a mis à distance. Désolé si je vous ai zappé. J'ai survolé la savane, le peuple des singes et éléphants sans défenses cernés de braconniers. Ces bachi-bouzouks de bonhommes armés, eux aussi, le temps d'un clic clac je les ai zappés depuis mon petit canapé. Je voulais soigner et recoudre ce monde zébré de zaps et de couleurs garances ; je lui ai dit accompagne moi, toi aussi prend des vacances et viens banqueter sur mon petit canapé. La savane, les lacs, une forêt, des bonobo...

Morose

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    Imaginez un monde gris.   Un monde rempli de scribrouillards et de vent-gris. Le ciel nuageux reste gris et grinçant en permanence comme un long sanglot monotone, c'est ainsi que le décrivent les oculaires. Eux, ils ne sont que les témoins d'un monde louche et gris. Ils ressemblent à de grosses pelotes de laine écrue et duveteuse. Ils tiennent registre du cru des écrits vains.   Dans ce monde était apparu un sombre personnage aux idées noires. Il se nommait Morose, il était vêtu de noir, tout ce qu'il écrivait noir sur blanc était nostalgie. C'est l'ennui qui l'avait rendu ainsi. Morose ne chantait pas et c'était dommage, car les oculaires à la plume alerte étaient tout ouïe. En un clin d'œil, Morose avait fait le tour de ce monde, c'est ainsi que Morose devint un bravache musical. C'est-à-dire que par ennui Morose avait commencé à broyer du noir mélodieux. Rien de bien nouveau, il s'était toujours fait un sang d...

Tout partait en fumée

Elle s'est roulée une cigarette, elle a fait des cercles avec la fumée elle a soufflé, elle s'est penchée, elle a rendu grâce au cendrier. Elle avait soif, elle a fait sauter le bouchon. Elle a laissé couler la mousse dans la flûte, elle a reconnu le Chardonnay, elle a rendu grâce aux arômes. Toujours sans me voir elle s'est levée, elle a pris son parapluie, elle est entrée dans la pluie sans un mot sans me regarder, alors j'ai couru, j'ai pris sa tête dans mes mains, elle a rendu grâce et je l'ai aimée.

La chasse au JuJube

 Si les jujubes joueurs ont l'œil tubereux que dire de leurs brinborions  les chiens de tzingalos aux yeux humides et naseaux glaireux,  ils filent une coniflure infernale  elle s'étend dans l'immensité galactique au delà de la 6ème lune.   Tout spliques étaient les Borogoves Mais plus encore méfiez vous des Clacpoils et Travertoises. Elles suivent indolentes les Borobores cornues. On les entends beugner longuement lors des libelunes au large d'Aldebaran. Si on les laissait faire elles iraient deci-delà bringbalant à clic et à clac  comme de vieilles mécaniques engrainées.    (Inspiré d'un poème de Lewis Carol)

Rivière

Rivière. Pourquoi les terres ont-elles toujours cette soif d’eau claire ? Comment fait la rivière pour répandre la vie ? À la veillée, au village de Grande-Terre, les hommes évoquaient celle que l’on nomme Rivière, l’un d’eux  s’est avancé et il a raconté : C'était à ce moment de la journée où les grenouilles se taisent ; où les libellules viennent jouer dans les reflets et les scintillements sur le mouvement des eaux. Oui je l'ai entendu chanter et aperçue un soir près de la rive. J'ai deviné la silhouette d'une femme et sa démarche chaloupée. Vive, je l'ai vue disparaître comme évaporée quand elle s'est approchée du pont sur le fleuve ambré d'ombres et d'hier. Petit à petit, elle a semblé renaître et s’animer. Elle a traversé la brume, quitté son territoire, elle est venue à ma rencontre.  J'avais le sentiment de l'accompagner dans le méandre de ses pensées. De cette créature en clair-obscur a glissé une larme irisée. Elle a coulé co...

À mon autre.

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 (photo que j'ai prise en forêt près de Chaumont) À mon autre. Jardins clos aux grilles rouillées, dans les ombres de la vieille église et son silence. D'un regard curieux de peurs enfantines. Souvent loin des coups d'autres bandes, moi insolent et toi insultant leurs piètres batailles, je te revois mon frère, mais qui es tu ? Après une bagarre, un poing dans le nez, on se l'était juré, jamais plus l'un sans l'autre dans nos démêlés. Notre pacte nous liait en lien contigu. Comme de petits sauvages nous tenions les autres à distance. Des fruits grappillés après des grillages rompus, de friches en cabanes abandonnées, tout était une invite et nos antres un monde à l'écart des intrus. Fumée, brindilles brûlées, joie animale du feu qu'on allume comme un rite à l'âtre. Brûlure de braise, découverte de sa trace qui ne s'efface. Maraudeurs d'une sente inconnue, sur notre territoire, nous suivions l'eau qui serpente rêvan...

Coulée de nuit

La nuit toute ronde est venue se pelotonner au creux de l'aube pâle. Les couleurs du monde comme un œuf fracassé s'échappaient des étoiles. Finissant son petit tour la terre reposait savoureuse. Le ciel déglutissant a gobé ce petit jour aux mouillettes baveuses. Ce matin s'est cassé sur la colline abandonnant la nuit coquille vide.