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Souffle

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    Un souffle au bord de l'étang, ils dansent. Il y en a de très grands. Ils se dressent fièrement. Ils regardent dans l’eau le reflet de leurs feuilles coupantes. Ils admirent la légèreté de leurs fleurs : on dirait des bouquets de plumes blanches ces roseaux. Mais il y a aussi des plus petits. Ceux-là se tiennent tranquilles entre les grands. Pourtant, le vent qui passe fait chanter tous les roseaux. Tous ? Non. Il y en a un, vraiment très, très petit, pas très joli, qui ne chante pas. Il murmure tristement, pour lui seul : - Je ne peux pas chanter. Je ne pourrai jamais. Je suis trop petit ! Le vent n’arrive pas jusqu’à moi. Oh ! Comme j’aimerais chanter, moi aussi ! Une jeune femme venue boire à la rivière découvre ce petit roseau. Elle le découpe en forme de flûte et les jours suivant moutons blancs moutons noirs la suivent au son du pipeau. Petit roseau n'attend plus le vent ; l'air doux et chaud qui le fait chanter est un soufle de vie.

Belle ambigüe

Tu me chantais en ce refrain le temps qui passe je t'aimais assidu toi ma belle ambiguë et pourtant si fière en vérité toute nue je pourchassais un rêve que la nuit trépasse. Je te pensais réveil tu étais là comtoise tu appelais l'éveil je te nommais framboise. Je t'aimais assidu toi ma belle ambiguë mon amour androgyne d'un temps qui s'efface je pourchassais un rêve que la nuit trépasse femme masculine j'ai choisi l'ingénue. Mon amour androgyne d'un temps qui s'efface en notre pantomime à tâtons d'inconnus femme masculine j'ai choisi l'ingénue sous nos doigts se dessinaient, reliefs, corps de face. Je te pensais réveil tu étais là comtoise tu appelais l'éveil je te nommais framboise. En notre pantomime à tâtons d'inconnus et pourtant si fière en vérité toute nue sous nos doigts se dessinaient, reliefs, corps de face tu me chantais en ce refrain le temps qui passe.