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Le dépot des enfants perdus

J'ai laissé derrière moi le bruit de la ville, la furie du vent froid et visqueux sorti du fleuve. Je parcourrais des trottoirs luisants, boulevard Rochechouart j'ai poussé la porte de "la choppe d'Anvers", je me suis assis au bar. Alors, j'ai gratté ma chance le temps d'un café qui m'a serré le coeur. Un homme est entré, il saluait ses amis, il m'a tendu la main. Elle était douce et m'a reconnecté au monde. Le patron m'attendait, j'étais déchireur de vitre, la mode n'était plus à la transparence. Sur le café brulant j'ai soufflé comme le vent derrière la porte. J'ai sorti mon grand couteau de glace et par la vitrine déchirée j'ai soufflé des remords de brumes. Dans le bar, hommes et femmes saisis de lumière ont emporté des lampes, ils m'ont suivi dans la nuit. Nous sommes allés au dépôt des enfants assistés de la Seine. J'ai pris un enfant perdu dans mes bras, il m'a filé une beigne...

Lumières de la ville

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      Merveille de la nuit la Conciergerie ! Quittons ces bistrots et vieux phonographes pour longer ce fleuve qui coule à Paris. Sur les quais résonne la chanson de Piaf. Un jeu de lumière a balayé mon cafard, son faisceau poudre de bleu est venu nous voir, fin pinceau de feu... guide nos pas dans le noir ! Le clac clac de tes chaussures a largué l’amarre. Sur les quais cette nuit on promène amoureux ta main dans la mienne, sur l’air d’une chanson ancienne. On court, on rit, tu me suis par jeu, je t’entraîne. Sous les ponts de Paris coule un fleuve merveilleux. Sur un bateau qui tangue à l’envie, je t’approche, tu te couches. Tu prononces au fil de l’eau les mots doux, sur moi, ils font mouche. Maman ! Tu laisses passer ce cri, au moment où je te touche. J’épouse ton corps au roulis, savoure la tendresse à ta bouche.